VOUS N'EN MOURREZ JAMAIS


C'est un jour très particulier pour moi. Cela fait un an, jour pour jour, que ma maman nous a quitté. C'est tellement long et court à la fois. J'ai eu envie d'écrire ce texte pour exprimer tous ces sentiments, qui se sont entrechoqués en moi, pendant cette sombre période. Je ne suis pas littéraire dans l'âme. Mes proches le savent bien. C'est un texte sans prétention. Juste avec mes mots. Je ne sais pas encore si j'écrirai la suite. Mais la seule chose dont je suis sûre : l'écrire, m'a fait le plus grand bien. 






Vous n'en mourrez jamais...


"Tout commença la nuit du 23 décembre 2015.


Mon portable sonne.
Je n'avais pas encore réalisé que ce coup de fil allait changer ma vie. Même si oui, biensur, inconsciemment je le savais pertinemment. Je l'attendais sans vraiment l'attendre. Ma soeur m'annonce alors que notre Moun était  "partie". Seule, en pleine nuit. Nous avions fait tous le choix,  de prendre quelques heures pour nous reposer un peu. Et c'est ce moment là, qu'elle a choisi pour partir. Je me rappelle encore de l'électrochoc que cela a provoqué dans mon corps. Je tremble. Encore et toujours. En pleurant... Mon homme me serre fort dans ces bras chauds et tellement rassurants. Je ne me rappelle absolument pas de ce que ma soeur m'a dit ensuite.  La conversation s'est arrêtée sur le fait que mon beauf venait immédiatement me chercher, pour aller la voir.


Ce moment d'attente me paru interminable...De longues minutes se sont écoulées. 

Arrivée à la clinique, une infirmière m'attend pour me conduire dans ces longs couloirs, sombres et endormis. Elle me soutient, physiquement et psychologiquement. Tout au long du chemin, elle veut s'assurer que je sois prête. 

Est - on réellement prêt à perdre sa mère ? 

Elle me retire mon manteau, écharpe, sac à main...et ouvre la porte de cette chambre que j'avais franchi déjà tellement de fois. Mais pas assez à mon goût.  J'aurais voulu encore profiter d'elle . Oui, même dans cette clinique. Encore lui parler. Lui raconter comment mon fils grandissait. Lui offrir son cadeau de Noël. Être dans ses bras et lui dire que je l'aime... tout simplement.
Elle était là, allongée ,  tellement sereine. Je n'ai jamais vraiment compris les personnes qui disaient ça... "Sereine". Mais là ,  c'était le cas. Elle dort, le visage détendu. Son corps est encore chaud. Et son odeur encore présente. Ce parfum. Je le garderai en tête toute ma vie. 
Mon père et ma soeur sont là, effondrés mais réconfortant. Nous sommes alors soudés, plus que jamais, pour offronter toutes ces épreuves que nous ne pouvions pas encore imaginer. 

C'est à l'anniversaire de ma soeur , en plein de repas de famille, que Moun nous annonce qu'elle a un cancer. 



18 octobre 2014.



Étant infirmière, un tableau très sombre commence à se dessiner devant mes yeux. Chimiothérapie, perte de cheveux, pleurs,  douleur,... et même mort. 
Je me rappelle avoir fait mine, tout le long de ce repas. Pleurant en cachette, ou du moins le plus discrètement possible. Mon père tapote régulièrement ma cuisse sous la table, car mes larmes ne lui avaient pas échappé. Ma soeur devait souffler ses bougies. Tout le monde a la larme à l'oeil. C'était particulier. Tous ces sentiments mélangés en même temps... 
J'accuse le coup. Je relativise. Même si étant en enceinte, je ne pouvais pas croire que mon enfant n'allait peut être  jamais connaître sa Grand Moun !  
Je me rappelle d'une phrase, que ma mère a prononcé ce jour là. Pour nous rassurer sûrement, mais également pour essayer de se convaincre elle même.  

- Le médecin  m'a dit : "Vous n'en mourrez jamais Madame. Ça va aller ! "

Vous n'en mourrez jamais... ? Ne jamais dire jamais ! "





Aucun commentaire